Archive for the ‘La faim (série)’ Category

La fifille (épisode 5)

vendredi, août 16th, 2019

Finalement, ça n’a pas tardé. Sous la pression de bien des “amis” et par l’entregent de Mimi Marchand – certains l’appelaient “du Sentier”, la fille trogneux s’est décidé à faire contre mauvaise fortune bon cœur. Elle épouserait en fake noces le mari de sa défunte mère.
On installe quelques figurants et des dizaines de planches peintes pour faire illusion. Un périmètre ultra-sécurisé est établi.
Tout est beau à la tévé des papys dont macron, 40 ans, est la tête de gondole.

On se marre bien chez la section 8.

Au moment même de la bénédiction factice, la bonne mère juive buzin se faisait zigouiller par une équipe d’urgentistes en grève un peu rouillés du bistouri. L’opération de finitude totale avait duré quelques heures avec comme simple anesthésie une trépanation à vif pariétale (pour qu’elle la boucle), histoire de lui rappeler les pratiques ancestrales. Puis le cours de vivisection avait été un succès.
Un maître et une maîtresse de cérémonie énonçaient les noms de ceux qui étaient passés de vie à trépas par négligence et déni dans les hôpitaux publics depuis que la rentabilité au service des pharmaciens suisses était la seule “feuille de route”, comme il était de bon ton de dire chez ceux qui ne se soucient des autres que par vénalité.

L’atmosphère commençait à sentir mauvais.
Les journalistes épargnés par les meurtres ciblés se demandaient quelle était la raison de telles actions et surtout qui était derrière “tout ça”.
On parlait bien d’une section 8, mais ce n’était qu’un mot. On aurait dit que dieu lui-même était à l’œuvre, omniscient et omnipotent, enfin allié avec le diable.

Féminisme ou le sauna vaginal (épisode 4)

mardi, août 13th, 2019

Extrait de retranscription section 8.

– hey, une mise en scène schiappa ben alla, non?
– pas mal. Ils le méritent bien.

– on laisse tranquille les gosses, ils n’y sont pour rien. Mais finalement, deux cons comme ça, leur absence les aidera.
– mouais…

– mieux vaut les liquider que d’élaborer une stratégie grasse.
– ça, c’est sûr.

– bon, c’est fait.
– et l’autre guignol qui sait plus où pisser, alors? Ça commence à faire un moment qu’il échappe à son sort, non?

– j’ai bien une idée… le truc, tu vois, c’est qu’on en a encore pas mal à liquider avant…

Serial rigolade (épisode 3)

jeudi, août 8th, 2019

Drussac laissait faire; de toute façon, il ne décidait de rien. C’est comme ça qu’on fait carrière, en laissant faire “ceux qui savent mieux”.
Évidemment, on prend sa dose de pâtissage.
C’était marrant de voir le procureur faire ses mouvements de tête un peu pédale en même temps qu’on le voyait jubiler devant les caméras à chaque intervention médiatique. A chaque fois pour ne rien dire qui n’était déjà su.
Toute précaution d’usage. Toc! Toc! Toc! et puis fermez le rideau.

Au commissariat, ça gravelait sévère.
Après une année au pain sec, éreintés, les couillons en armures se sentaient d’humeur joyeuse que ce soit la vieille au Président qui soit tombée la première.
Certains n’y allaient pas de main morte, sans jeu de mots: “Tu vois bien qu’on peut encore saigner de l’entre-jambe même après la ménopause!” faisant référence à la photo qui circulait maintenant un peu partout.
Les bleubites n’osaient dire mot, le salaire n’étant pas gros et l’avenir carrément incertain, la plupart de leurs ex copains étant au chômage. “Ex” parce qu’ils étaient tous devenus tricards d’avoir oser porter un uniforme qui ne faisait que rappeler les morts des cités et les matraques dans le cul.
Finalement, être pédé était moins invalidant que de devenir flic, se disaient-ils.
“Au moins, c’est de la vraie bidoche”.

D’œil (épisode 2)

dimanche, août 4th, 2019

Macron se demande comment il va bien pouvoir faire sans ces grandes lèvres format raisin dans lesquelles il enfonçait son visage jusqu’aux joues…
Pas d’enfants. Y aurait bien la fille, c’est pas comme s’il ne connaissait pas le chemin.
Fini.

Il s’est échappé dans un salon en interdisant quiconque de venir le déranger. Pas le moment quand la folie revient au galop.

Mais il s’est engagé auprès des rupins que servaient sa femme. Il va falloir y aller de nouveau. Pas le choix.

Les cabinets se sont chargés d’organiser des funérailles nationales, bien sûr sur le dos des GC*. Les ministères ont pris sur eux de charger les ultras de tous poils, jusqu’au vatican, daesh même. Israël n’a pas encore fait savoir son avis.
Il va falloir faire le tri.

Pour le moment, la presse des chiens et des milliardaires ne moufte pas; on se contente des larmoiements habituels et d’une grandiloquence de posture. Aucun ordre venu d’en haut, faire profil bas.
Même la date des funérailles n’est pas communiquée. Inhabituel.

Sur les lieux du crime, aucune caméra n’a rien enregistré.

Drussac se charge de l’enquête, mais il sent bien que rien ne va se passer comme il le faudrait. Plus de fric, des recrues à l’ouest, du matos usé jusqu’à la corde, des bagnoles plus vieilles que les recrues, elles-mêmes plus très fraîches.
Prendre sur soi. C’est ce qu’il se dit. Ça peut être le début d’une carrière.

Sur place, effarement général.
Peu de vidéos (géo)locales, rien sur les réseaux sociaux à part quelques-uns qui se marrent, tout est resté sous les radars.
Des capos se demandent si le manque de moyens criant ne serait pas à l’origine d’un tel défaut d’informations. Ils blaguent sur les collègues qui se retrouvent avec un cancer des couilles à cause des imsi-catchers…

* gentils contribuables ou gueux couillons.

La première mort (épisode 1)

jeudi, août 1st, 2019

18 octobre 2019, France.

Un vendredi. Pas un samedi.
Alors que les gilets jaunes semblent éteints, que le pouvoir policier mis en place par les banquiers et autres actionnaires capitalistes semble avoir eu le dessus.

Trogneux sort de son trou, accompagnée par ses gardes du corps et une puissante armée de fonctionnaires mitrailleurs adventices, dans une berline blindée.

L’heure est dite.

15 personnes. 5 à l’action, 10 en renfort. Une poignée ou deux de clous tripodes. La voiture est immobilisée. Celle de devant est shootée d’un seul coup de gun antichar. Restent deux à l’arrière, ils seront finis de façon barbare, rapport à leur volonté de sauver ce qui ne peut l’être.

La voiture est seule, chauffeur, Trogneux, un garde.
12 secondes. 3 grenades offensives. On pense à ceux qui ont perdu leur main.

La voiture saute sur ses amortisseurs. Le petit personnel est choqué. La femelle s’est chié dessus.

On passe par le toit, à la disqueuse diamant et à l’écarteur hydraulique, faut bien ça pour une vioque.

Les deux guignols sont liquidés presto, au gros calibre.

On sort la marionnette en prenant soin de la faire glisser sur la tôle écorcheuse. A moitié vive, deux coups de surin à l’intérieur des cuisses, ça pisse.
On prend soin de laisser le tout dans une posture qui fera bon effet sur le polaroïd pris à dessein.

47 secondes. Tout le monde dégage.