Archive for the ‘Japon’ Category

A touch of Japan

vendredi, mars 22nd, 2019

For sale 50 grands each 🙂

Hemispheric touch of japan.

Sarah

jeudi, août 16th, 2018

Voici ma poupĂ©e japonaise Sarah 🙂
Elle est trĂšs docile et se contente d’aimer plutĂŽt que de contrĂŽler 😉

C’est une figure du shintoĂŻsme, mais je ne pense pas que vous puissiez comprendre.
Vous y verrez bien ce que vous voudrez.

Bises @Sarah 😉

Exposition des 18 vues de Kyoto du 10 mai au 29 juin 2017 – ECB Chauffailles

mercredi, mai 3rd, 2017

La saison s’y prĂȘte: le printemps, qu’il s’agisse de lumiĂšre ou de climat, est LA saison oĂč il fait bon visiter les bocages du sud Brionnais et se rendre compte que, parmi la ruralitĂ© herbeuse et terreuse, la contemplation du silence fait ressortir, outre l’odeur du bĂ©tail, la renaissance de la nature que d’aucuns, mĂȘme du cru, s’Ă©vertuent Ă  oublier le regard fixĂ© sur leur bĂȘte Ă©cran de tĂ©lĂ©phone.
Car oui, sur cette terre d’Ă©levage bovin, la ruralitĂ© est aussi bou(s)euse, et pas qu’au sens de la nomenklatura parigote, et gribouilleuse; et elle sent.
Elle sent la culture du wasabi (le vrai hein, la plante, pas cet infĂąme jus de raifort vendu Ă  prix d’or), la seule d’hexagonie sis Ă  OyĂ©. Elle sent aussi l’Ă©laboration du miso et du sakĂ© façon ‘comme il faut’, et dire que ça se passe Ă  Poisson, c’est vrai que c’est vraiment drĂŽle pour un nippophile amateur de sashimis 🙂
Bref, il y a autant de ravissements que dans l’atelier d’un HokusaĂŻ.

C’est donc aux confins de la SaĂŽne-et-Loire, de la Loire et du RhĂŽne que la prochaine exposition des “18 vues de Kyoto” se tiendra du 10 mai au 29 juin 2017, Ă  l’Espace Culturel du Brionnais (ECB) de Chauffailles.
Bien sĂ»r, et outre la possibilitĂ© de se plonger du regard dans les Ɠuvres, on peut Ă©galement se les procurer directement (attention certaines n’existent plus qu’en un seul exemplaire, sur les deux uniquement produits au format choisi par l’artiste). D’Ă©ventuelles commandes personnelles sont toutefois les bienvenues.
A cĂŽtĂ© des Ɠuvres dites ‘originelles’ se trouveront les ‘variations’ Ă  un tarif plus abordable et Ă  l’apparence plus contemporaine, dirons-nous.

Les visiteurs sont les bienvenus de 14h Ă  17h30 du lundi au jeudi et de 8h30 Ă  12h et de 14h Ă  17h30 le vendredi.

Un vernissage aura lieu le jeudi 11 mai de 18h à 20h, avec une dégustation de crackers japonais accompagnés de quelques breuvage plus locaux, mais choisis avec soin. Si les planÚtes sont bien alignées, une surprise peut survenir.

Le sens ou l’indiffĂ©rence, esthĂ©tique du regard

dimanche, avril 2nd, 2017

Pride… and its cost. Sanjo Dori, Kyoto 2015. F.H.P. Lornet.

Il m’arrive d’avoir envie de remplir d’un signifiant personnel, d’un point de vue individuĂ©, une image. Mais quelquefois non. Quelquefois la simplicitĂ© de l’Ɠuvre, la plastique de la composition ou la dynamique colorifĂšre suffisent Ă  l’expression d’un ineffable partagĂ©.
Pourtant, la plupart du temps, j’aime signifier.
Je vais donc tĂącher d’insĂ©rer un signifiĂ© dans une image qui s’y prĂȘte: “Pride… and its cost” sĂ©rie “META” Ɠuvre “18 vues de Kyoto” par F.H.P. Lornet.

Le clichĂ© est la capture d’un endroit tout Ă  fait banal, un morceau de mur de l’un des nombreux passages couverts de Kyoto servant de galerie commerçante et de lieu de rencontre oĂč sont disposĂ©s de nombreux restaurants et boutiques. Celui-ci est la rue Sanjo-dori et se trouve excentrĂ© par rapport aux trĂšs populaires allĂ©es couvertes du vĂ©ritable centre historique de Kyoto, telles que le marchĂ© Nishiki.
Par cette position décalée, on peut y trouver ce qui est plus ou moins caché aux yeux des touristes bon teint.

Sur le pan de mur photographiĂ© sont disposĂ©es des affiches en papier: l’une concerne le club local de football, Kyoto Sanga, et les deux autres font la propagande de l’armĂ©e japonaise censĂ©e ĂȘtre la fiertĂ© du pays. Le slogan qui illustre ces deux affiches, l’une pour l’aviation, l’autre pour l’infanterie, est Ă©loquent: Japan pride, la fiertĂ© du Japon.
En plus petit est inscrit qu’il s’agit des forces d’auto-dĂ©fense japonaises (‘Japan air self-defense force’ et ‘Japan ground self-defense force’).
Il faut remettre ces affiches dans leur contexte historique de mai 2015. A l’Ă©poque, ce qui est aujourd’hui devenu une loi autorisant le Japon Ă  intervenir militairement outre-mer n’Ă©tait qu’un projet suggĂ©rĂ© par les colonisateurs Ă©tats-uniens.

L’Ɠuvre est ici non pas une approbation de l’artiste Ă  la glorification d’une sociĂ©tĂ© martiale mais un moyen de dĂ©noncer la militarisation des sociĂ©tĂ©s, fussent-elles les plus pacifistes, ainsi que leurs dĂ©rives impĂ©rialistes gĂ©nĂ©ralement contingentes des rapports de forces internationaux.

Il faut, hĂ©las, aller chercher Ă  l’Ă©tranger un article de la presse indĂ©pendante et pourtant dominante pour se faire une idĂ©e assez globale de ce que le concept mĂȘme d’engagement militaire peut crĂ©er comme confusion dans la sociĂ©tĂ©, en mettant Ă©galement au jour le fait que de dĂ©mocraties modernes il n’est pas, puisque seuls les souverains dĂ©cident.

Pour approfondir ce dĂ©bat Ă©minemment politique, un film qui ne l’est pas moins: Shin Godzilla (l’humour n’y est pas absent) qui reprend la notion d’armĂ©e d’auto-dĂ©fense et les dĂ©bats qu’elle engendre, dans une situation toutefois bien diffĂ©rente de la rĂ©alitĂ© que nous vivons.

 

Shortlist failure

lundi, mars 6th, 2017

Tristement, de place il a manquĂ© pour que les clichĂ©s des “18 vues de Kyoto” soient retenus dans l’Ă©crĂ©mage du jury de la WPO 2017.
C’est donc un ‘almost fail’ qu’auront subis ces clichĂ©s pourtant fort pourvus de sens, mais peut-ĂȘtre pas assez “en eux-mĂȘmes” Ă  en juger par les rĂ©sultats de la compĂ©tition.

A voir toutefois cette page concernant les clichĂ©s dits recommandĂ©s  sur le sujet culture de la compĂ©tition dite ouverte. A mon avis, certains des meilleurs clichĂ©s sont lĂ . Vous apprĂ©cierez ou pas la navigation anti-ergonomique du site fashion-like de WOP qui vous permettra de vite en avoir marre de ne plus savoir oĂč vous en ĂȘtes de votre visionnage… et de, hĂ©las, finalement aller voir ailleurs 🙁

Voici donc l’aperçu, certainement critiquable, de ma contribution. J’essayerai de faire moins bien une prochaine fois; des concours, mĂȘme gratuits, y en a plein 😉

Man troubles ( part of “18 views of Kyoto” 2015)

Those images are part of the 25 photos from the work “18 views of Kyoto” (18 vues de Kyoto) by F.H.P. Lornet.
They’re taken out from series 2 (A temps / On time)  and 3 (META) out of the 3 series ( http://www.lornet-design.comhttp://www.lornet-design.net/category/photographie/ ).

These 6 pictures mainly focus on Man ‘initial problem’: Woman and war, through a depiction of contemporary Japan.
It focuses on the need of real communications, as vain as it can be, to banish most extreme social apartheid as well as to keep cultural moves and freedom.
This series shows also the weakness of men, through their futilities, compared to the real need of the humanity to live in peace in a ‘given’ world.
Finally, the signature photo “Pause” is a wish for all mankind to take the time to rethink the vanity of its own existence and try to accomplish its real but still vain aim.
It means: make a pause in the darkness of life.

Those pictures were shot in Kyoto, Japan, in 2015 and published in january 2016 for the first 2 series, december 2016 for the third series.
They are the remains of a 15 years wait to feel how’s life in Japan and a mean to share a different vision of the world.
There was no disappointment: it’s very different, it’s much beautiful, it’s really lovable, but it stays human and has quirks.

18 vues de Kyoto Ă  la Japan Touch 2016

mercredi, février 1st, 2017

Bon, ce qui est rassurant, c’est qu’il y avait des extincteurs de chaque cĂŽtĂ©, vu qu’il y avait des portes de secours fort mal isolĂ©es, et que du mĂȘme coup, il est certain qu’on n’a pas eu trop chaud…
Au pire en cas d’incendie avivĂ© par les courants d’air, on aurait fait face 🙂

VoilĂ  donc le stand de Lornet-Design Ă  la Japan Touch de l’hiver 2016. Brrrr. La structure du stand est fort lĂ©gĂšre, trĂšs pratique, modulable, toussa… Mais bon sang que c’est laid …
Alors on a fait de notre mieux: choix de fils en perlon donc transparents, disposition des Ɠuvres Ă  l’Ɠil (pas mĂ©content du rĂ©sultat) et table en avant de l’espace d’exposition, histoire de laisser le visiteur dĂ©ambuler tranquilĂŽsse. (le tissu recouvrant la table a Ă©tĂ© dĂ©pliĂ© aprĂšs la prise de vue, je vous rassure, pour cacher le pied et les cartons situĂ©s en dessous 🙂 )

Concernant la disposition, les Ɠuvres originales sont disposĂ©es Ă  l’intĂ©rieur et au centre du stand, les Ɠuvres disposĂ©es Ă  l’extĂ©rieur Ă©tant les “variations” vectorisĂ©es et imprimĂ©es sur forex de certaines des Ɠuvres originales. Un prochain billet en fera Ă©tat plus en dĂ©tail.

Tout cela est fort ennuyeux, je le concùde, alors place au bonus! 🙂

 

Critique de : “FigĂ©, gardien lithique” sĂ©rie “Le temps n’existe pas” Ɠuvre “18 vues de Kyoto” par F.H.P. Lornet.

lundi, janvier 30th, 2017

 

Eludons tout d’abord, et de prime, le fait que l’artiste lui-mĂȘme et en conscience devienne le critique de ses propres Ɠuvres: c’est (faire) montre de partage et de gratuitĂ©.
AnĂ©fĂ©, s’il avait Ă©tĂ© sujet d’une autre Ɠuvre, d’un autre artiste, il eĂ»t fallu rĂ©tribution ou simple envie.

L’Ɠuvre prĂ©sente une sculpture de pierre en ronde-bosse devant un feuillage arborĂ©. Il s’agit d’une photographie sur papier de coton, encadrĂ©e et pourvue d’une Ă©tiquette faisant office de cartouche tout autant que de signature. Cependant, l’Ɠuvre est elle-mĂȘme signĂ©e en bas Ă  droite au verso.
Le sujet de la photographie est un komaĂŻnu japonais, autrement connu sous le nom de Shi en Chine, ou plus communĂ©ment sous l’appellation de chien de FĂŽ. Ce sont des reprĂ©sentations de lions sculptĂ©es et faisant office de gardiens de sanctuaires ou de temples.
En l’occurrence, ici, le komaĂŻnu est placĂ© Ă  l’entrĂ©e sur le chemin qui mĂšne au temple d’ Otoyo.
Les komaïnu sont des représentations inspirées des Shi de la Chine des Tang, nous apprend la wikipédia (dont il faut se méfier, par ailleurs). Vous lirez.

On peut remarquer sur le clichĂ© qu’un morceau de papier inscrit de kanjis pend d’une branche d’arbre derriĂšre la statue, auquel fait Ă©cho l’Ă©tiquette cartouche qui pend de l’Ɠuvre.

La prise de vue est faite tardivement dans l’aprĂšs-midi, le soleil Ă©tant plus prĂšs de l’horizon que du zĂ©nith, et traçant l’ombre du feuillage sur le corps du bestiau.
Sans en savoir plus, et regardant la reprĂ©sentation, on s’aperçoit qu’elle repose sur un socle qui fait corps avec la ronde-bosse. Evidente disposition artisanale de maintien de la crĂ©ation.
Sur le petit cĂŽtĂ© visible du socle se trouve un Ă©ventail, que l’on pourrait confondre de loin avec un hĂ©risson.
Sur le grand cĂŽtĂ© du socle un rameau s’Ă©panouissant de façon presque symĂ©trique et symbolisant probablement la vie ou la nature domptĂ©e par le molosse, gardien du temple.
L’Ă©ventail, instrument usuel et prosaĂŻque, est cependant la marque Ă  la fois d’une communautĂ© et d’une certaine aristocratie, tout autant qu’une diffĂ©renciation sexuĂ©e, Ă  travers les Ăąges.

http://kyoto.japon.free.fr/K_Plan.html

Le fond de la photo est plutĂŽt sombre, alors que la silhouette du komaĂŻnu se dĂ©tache en pleine lumiĂšre. L’artiste a voulu faire ressortir la puissance cachĂ©e des gardiens (ou anges, dans la culture occidentale rĂ©cente) de la spiritualitĂ©. L’objet du clichĂ© est bien la massivitĂ© de la sculpture tout autant que son expression: le bestiau regarde l’objectif et fait mine d’un rictus intemporel montrant sa dentition imparfaite en raison du temps. Le regard est, lui, restĂ© ferme et intransigeant: “C’est sous mes yeux que vous vous aventurez, mortels”.
La statue est datable, au doigt mouillĂ©, du XVIIIe siĂšcle, peut-ĂȘtre plus rĂ©cent, beaucoup plus rĂ©cent, Ă©tant donnĂ© la propretĂ© des coups de ciseaux.

Peu importe, c’est le message donnĂ© par l’artiste qui prĂ©vaut: ce clichĂ© est le garant de l’intĂ©gritĂ© de toute la sĂ©rie, il prend soin de sa conservation et de son intĂ©gritĂ©, tout comme le fait un komaĂŻnu Ă  l’entrĂ©e des sanctuaires.

Une discussion, un commentaire? envoyez un mail! (les inscriptions spam Ă©tant les seules j’ai dĂ©sactivĂ© les inscriptions ^^)

Collection intĂ©grale des “18 vues de Kyoto”

mardi, janvier 24th, 2017

La collection publiĂ©e des “18 vues de Kyoto” est finalement complĂšte avec la troisiĂšme et derniĂšre sĂ©rie, “META”, dont le but sociologique devrait ĂȘtre Ă©vident aux yeux avertis (voir la mise Ă  jour de la page concernant cette sĂ©rie photo-graphique sur le Japon).
Le nouveau catalogue 2017 incluant cette troisiĂšme et derniĂšre sĂ©rie prĂ©sente des versions web des photos sans leurs cadres ni leur cartouches adventices, mais pour s’en faire une idĂ©e, le prĂ©cĂ©dent catalogue 2016 est toujours accessible.
Evidemment, ces Ɠuvres sont toujours disponibles vu que tirĂ©es Ă  deux exemplaires chacune, et malgrĂ© la vente de deux d’entre elles.

[pour ceux qui estiment que sur Instagram, c’est plusse mieux cool parce que c’est en HD, je leur dis que ce genre de plate-forme, sans rien apporter Ă  ses contributeurs, s’enrichit Ă  leurs dĂ©pens dans 99% des cas, et ça me pose un gros souci :)]
J’ajoute Ă  cette apartĂ© vindicative que le partage est avant tout un Ă©change et pas une filouterie, a contrario de la logique normative des GAFA (google, apple, facebook, amazon, on peut en ajouter bien d’autres)  et autres prĂ©tendants Ă  la domination de l’humanitĂ© et Ă  son esclavagisation (sic) volontaire.
Bref :).

La sĂ©rie originale est complĂ©tĂ©e par une sĂ©rie de 7 ‘variations’ qui feront l’objet d’une prochaine publication, en fonction de la lumiĂšre disponible en ces temps polluĂ©s atmosphĂ©riquement (re sic) et politiquement. Ces variations seront Ă©galement mises en vente Ă  un prix trĂšs raisonnable.

Il n’est pas exclu qu’une sĂ©rie inĂ©dite et privĂ©e vienne s’adjoindre aux “18 vues de Kyoto”, parce que d’une, c’est moi qui dĂ©cide en tant que dĂ©miurge, et que deux, certains autres clichĂ©s le mĂ©ritent grandement. De mĂȘme, les deux artefacts prĂ©vus initialement sont en cours de crĂ©ation. Leurs prix risque d’ĂȘtre prohibitif.

En attendant, il est temps de s’atteler Ă  d’autres aventures graphiques.

Exposition des 18 vues de Kyoto / Japan Touch 10 et 11 décembre 2016 à Lyon

vendredi, octobre 28th, 2016
Flou de nĂŽ (Kyoto 2015, F.H.P. Lornet)

Flou de nĂŽ (Kyoto 2015, F.H.P. Lornet)

Japan Touch 2016A l’occasion du week-end consacrĂ© au Japon et aux cultures d’Asie les samedi et dimanche 10 et 11 dĂ©cembre 2016, vous pourrez admirer, en plus des deux sĂ©ries dĂ©jĂ  publiĂ©es, une troisiĂšme sĂ©rie inĂ©dite qui sera dĂ©voilĂ©e en exclusivitĂ© lors de l’exposition des “18 vues de Kyoto” Ă  la Japan Touch 2016 Ă  Lyon.

Vous pourrez, bien sĂ»r, faire l’acquisition d’Ɠuvres originales ou de reproductions (toutefois en nombre limitĂ©) proposĂ©es Ă  cette occasion (pour une envie particuliĂšre, un support, un format, il faut bien sĂ»r passer commande).

Deux Ɠuvres originales sont d’ores et dĂ©jĂ  rĂ©servĂ©es.

#18Vues

alcools
La rĂ©alisation sculpturale monumentale prĂ©vue initialement est reportĂ©e Ă  plus loin, Ă©tant donnĂ© le triste agenda estival de l’artiste et la lĂ©thargie industrielle due Ă  cette mĂȘme pĂ©riode.

Le discours d’introduction de l’exposition “18 vues de Kyoto”

mercredi, juin 29th, 2016
Le love fiorentino.

Le love fiorentino.

L’artiste par sa seule volontĂ© change le monde. Bien sĂ»r, c’est d’abord SON monde qu’il transforme, mais c’est aussi celui de tous les autres. Quelles que soient les rĂ©actions suscitĂ©es, ou l’absence de rĂ©actions, il y a forcĂ©ment une nouveautĂ© qui mĂ©tamorphose le prĂ©sent.

Il en va donc de l’art comme de toute autre activitĂ© humaine ou cosmique : c’est Ă  chaque fois une venue au monde et une transformation du monde, aussi utile qu’artificielle.

J’ai horreur des artistes qui s’expriment Ă  propos de leurs crĂ©ations. J’aime laisser le spectateur se laisser emporter par ce que l’Ɠuvre lui donne Ă  penser.

Toutefois, il me faut donner quelques clĂ©s concernant l’exposition que je vous prĂ©sente aujourd’hui.

La plupart d’entre vous auront compris dans le titre « 18 vues de Kyoto » le clin d’Ɠil Ă  Hokusai et Ă  ses 36 vues du mont Fuji ou encore Ă  Hiroshige et ses 100 vues  d’Edo. Il est vrai que j’apprĂ©cie beaucoup l’art de l’estampe japonaise, spĂ©cialement les reprĂ©sentations de paysages, dont rien que le nom d’images du monde flottant (ukiyo-e) est Ă  lui seul un point de dĂ©part fertile pour l’imagination.

Pour l’instant, ces 18 vues regroupent deux sĂ©ries, dont la premiĂšre est exposĂ©e ici dans son intĂ©gralitĂ©. Une troisiĂšme sĂ©rie viendra complĂ©ter l’exposition et sera visible probablement Ă  la japan Expo 2016, en dĂ©cembre prochain Ă  Lyon.

La premiĂšre sĂ©rie, donc, est celle que j’ai nommĂ©e « Le temps n’existe pas », en rĂ©fĂ©rence Ă  un ouvrage de Nelly Delay intitulĂ© « Le jeu de l’éternel et de l’éphĂ©mĂšre ».
Pour moi, la dĂ©couverte de l’histoire du Japon Ă  travers ses temples et ses palais a Ă©tĂ© l’occasion de saisir une partie de la pensĂ©e philosophique du shintoĂŻsme.

Du peu que j’en connais, elle semble convenir Ă  ma façon de regarder le monde, Ă  travers chaque phĂ©nomĂšne que la vie nous permet de ressentir.
C’est aussi pour cela que je l’ai appelĂ©e sĂ©rie verte, car elle donne Ă  voir la cĂ©lĂ©bration de la nature, de ses beautĂ©s et de ses bienfaits plutĂŽt que son pouvoir parfois dĂ©vastateur.

Cette sĂ©rie inscrit l’Homme dans le monde et rappelle que sa place doit ĂȘtre mesurĂ©e.

La seconde sĂ©rie, intitulĂ©e « À temps » est une vision du Kyoto contemporain, du Kyoto de notre temps. C’est une vision prosaĂŻque traitĂ©e selon un angle plus graphique, d’oĂč son titre de sĂ©rie multicolore. Elle montre Ă  la fois un certain dĂ©sordre dans l’enchevĂȘtrement des rĂ©seaux, qu’ils soient ferrĂ©s ou Ă©lectriques et un ordre artificiel dans la volontĂ© de rĂ©gulation du monde Ă  travers la domination du commerce marchand.

La rĂ©alitĂ© est Ă©videmment toute autre puisque derriĂšre un luxe affichĂ©, le bien-ĂȘtre n’est souvent que de façade, au Japon comme dans bien d’autres sociĂ©tĂ©s dites occidentales.

Je n’en dirai pas plus, et pour terminer, je tiens Ă  rappeler que cette sĂ©rie des 18 vues de Kyoto n’est qu’une illusion de la rĂ©alitĂ©, mais que par le choix que j’ai effectuĂ©, j’espĂšre avoir artificiellement crĂ©Ă© une vision de cette ville qui donnera sinon l’envie de s’y rendre, au moins un intĂ©rĂȘt pour la culture et l’histoire du Japon, mais encore plus pour l’indicible qui l’anime.

Nouvelle exposition des “18 vues de Kyoto” (mai 2016)

vendredi, mai 20th, 2016

Affiche: 18 vues de Kyoto Ă  l'espace Lyon-JaponA vos agendas! ^^

Exposition vente Ă  l’Espace Lyon-Japon (16 rue Bellecombe 69006 LYON) du 2 mai 2016 au 4 juin 2016 (vernissage le samedi 21 mai de 16h Ă  19h).
En savoir plus? -> 18 vues de Kyoto

 

“Yoko Ono prĂ©cise qu’elle tient absolument Ă  se rendre Ă  Lyon courant mai (…)” 😉

 

Accrochage

mercredi, mai 11th, 2016

Bien sĂ»r, c’est fait exprĂšs! C’est pour voir d’en haut!cigitotto
Les cloches Ă©tant vraiment lourdes, on s’est dit que le son, lui aussi, allait tomber, que de plus haut, donc plus loin! Arf.

Et bien sĂ»r, la plupart des badauds le voient d’en bas. C’est Ă  la fois la possibilitĂ© de dominer, tout autant que celle de se laisser dominer par la puissance d’un travail, que dis-je, d’un labeur, d’une torture, d’un accomplissement mortel et dĂ©finitif.
Donc, non, vous ne l’aurez pas en grand, il faudra vous procurer un exemplaire signĂ© et onĂ©reux ou une reproduction meilleur marchĂ©.

accrochage_2016Mais pour le moment, il s’agit de causer d’un accrochage. Non, pas de ceux qui dĂ©fient le bon sens de la physique (“bon sens” krkr) comme on peut en voir Ă  longueur de vidĂ©os dans les car crash de la bĂȘtise, mais dans un petit endroit dĂ©diĂ© Ă  l’apprentissage de la langue nippone.
Ah! comme je suis tentĂ© de dire que cela fait une semaine “JOUR POUR JOUR”, façon journaleux! 🙂 Zut, ça fait neuf jours! Tant pis alors. Et puis je compte a minima Ă  la nano seconde, moi. Autant dire que j’ai arrĂȘtĂ© y’a longtemps.

Il m’aura donc fallu rejoindre l’antique capitale des Gaules en un saut de puce savante, emprunter une ligne ferroviaire qui se meurt (et dont la rĂ©paration -la modernisation, en langage politique- ne saurait que l’oblitĂ©rer une petite annĂ©e) pour pouvoir, Ă©reintĂ© d’avoir transporter mon lard et mon art, le disposer enfin sur quelques cimaises Ă  propos.vers_lyon

Ce faisant, j’ai dĂ» me rendre Ă  l’Ă©vidence: il Ă©tait tout Ă  fait impossible de respecter le titre de l’exposition. Ce ne sont donc pas 18, mais bien 14 vues de Kyoto que vous pourrez admirer, critiquer, ou tout simplement regarder dans l’espace rĂ©servĂ© Ă  cet effet, celui qui s’est nommĂ© “Lyon Japon”.

Evidemment, j’en profitai, afin de combler la cruelle absence de correspondance, pour faire un tour dans une Ă©picerie de mon goĂ»t. N’ayant pas succombĂ© alors Ă  l’achat in situ d’une bouteille d’alcool de riz locale, bien que la boutique dĂ©diĂ©e portĂąt le nom du chemin des philosophes, je comblai ainsi ce manque terrible par une douce folie.

uffizi

NananĂšreu!

 

La geste créative

mardi, février 9th, 2016

murLes estampes japonaises sont d’abord des impressions monochromes qui deviendront polychromes avec les progrĂšs de l’imprimerie. Ce sont bĂȘtement, si l’on peut dire Ă©tant donnĂ© la maĂźtrise nĂ©cessaire Ă  leur rĂ©alisation, de gros tampons de bois gravĂ©s et encrĂ©s appliquĂ©s soigneusement sur du papier.
La fascination qu’exercent les estampes provient du trait de l’artiste qui dessine le sujet, mais aussi de l’art du graveur qui doit faire apparaĂźtre en relief sur une planche de bois de cerisier chaque trait, aussi fin soit-il, chaque aplat de couleur, le tout en se souciant de l’exacte superposition des diffĂ©rents tampons, tels des calques.
On peut dĂ©jĂ  soupçonner que cette notion de calque et de superposition donnera lieu aux dessins animĂ©s dont les Japonais sont incontestablement les maĂźtres, tant techniquement que d’un point de vue crĂ©atif.

La crĂ©ation se nourrit non seulement de la quotidiennetĂ© mais aussi et surtout de la souffrance expĂ©rimentĂ©e, et c’est ce qui lui donne autoritĂ© et altruisme, on y reviendra peut-ĂȘtre plus tard.

L’apparition des estampes au XVIIĂšme siĂšcle Ă  Edo (aujourd’hui Tokyo) a Ă©tĂ© favorisĂ©e par les bourgeois et les artisans qui voulaient promouvoir un art qui leur ressemble, abordable et accessible, Ă  la diffĂ©rence de l’art aristocratique qu’Ă©tait la peinture sur fond d’or, que l’on retrouve dĂ©corant les somptueuses demeures et chĂąteaux des puissants sous la forme de kakĂ©monos, de paravents, ou de parois mobiles.
Les estampes reprĂ©sentent les mĂ©tiers, les animaux, la nature, les scĂšnes de la vie quotidienne; bref, c’est un art que l’on pourrait qualifier de populaire.
On peut mĂȘme aller jusqu’Ă  dire que c’est un art de calendrier (sans aucune comparaison avec les chatons de celui des PTT, encore que les chats sont Ă©videmment trĂšs vĂ©nĂ©rĂ©s au Japon, comme tout ce qui existe, d’ailleurs).

L’estampe est peu onĂ©reuse et elle est destinĂ©e Ă  une diffusion la plus large possible, grĂące Ă  l’imprimerie.
C’est justement une voie qu’on me conseillait de suivre lorsque je m’enquis de l’avis de quelques amis Ă  propos de mes rĂ©centes crĂ©ations photographiques. Je fus d’abord un peu intriguĂ© par l’exemple d’un Warhol dont je n’apprĂ©cie guĂšre le dĂ©lire publicitaire, Ă©tant donnĂ© les consĂ©quences nĂ©fastes, visibles aujourd’hui, d’un amusement tout Ă  fait acceptable et mĂȘme enviable Ă  l’Ă©poque.
Evidemment, je prĂ©fĂšre me rĂ©fĂ©rer Ă  la multiplication des estampes pour m’autoriser Ă  faire profiter le plus grand nombre (encore que limitĂ©) de reproductions de mes Ɠuvres.
Concernant cette problĂ©matique du nombre infini de reproductions contre l’unicitĂ© d’une Ɠuvre, j’ai mon avis: la sĂ©riation est une donnĂ©e d’abord marchande avant d’ĂȘtre Ă©ventuellement pĂ©dagogique, et elle peut dĂ©naturer le geste crĂ©atif, le sentiment mis dans une Ɠuvre. C’est probablement ce que doit vouloir signifier, entre autres, l’exposition d’objets tout Ă  fait usuels et banals tels qu’une fourchette sans valeur historique, par exemple, dans un musĂ©e.
Cependant, le capitalisme nĂ©o-libĂ©ral a Ă©galement fait sienne l’unicitĂ© des Ɠuvres, en faisant croire que c’est une raison pour augmenter indĂ©finiment la valeur marchande d’icelle.

Il faut donc trouver un milieu, juste, afin que la plupart puisse acquĂ©rir des Ɠuvres, sans qu’elles deviennent de bĂȘtes objets de supermarchĂ©.

Je pense, Ă  contrario de bien des gens du milieu, que l’Ɠuvre doit Ă©galement ĂȘtre dĂ©corative et prĂ©senter une esthĂ©tique digne (en cela je laisse son libre-arbitre Ă  l’amateur).
On a l’impression, le plus souvent, que plus une Ɠuvre est bizarre ou laide ou interlope, plus elle a de valeur. Cela doit ĂȘtre une maladie de notre temps.
N’y a-t-il point eu une pĂ©riode Art nouveau, caractĂ©risĂ©e par des lignes et des motifs plutĂŽt vĂ©gĂ©taux, alors que l’industrie battait son plein, et que justement les avancĂ©es techniques permettait de crĂ©er des Ɠuvres appelant Ă  la nature plutĂŽt qu’Ă  la technique?

Il existe aussi de façon cruelle et quasi hĂ©gĂ©monique dans l’art contemporain de la fin du XXĂšme siĂšcle et du dĂ©but du XXIĂšme une vision qui sĂ©pare irrĂ©mĂ©diablement l’Ɠuvre, en tant que signifiant, de ce son signifiĂ©. C’est ainsi que j’ai pu”admirer” un empilement de cailloux d’occasion perchĂ©s sur un pilier de section carrĂ©e au Palais de Tokyo, Ă  Paris.
SacrĂ©e recherche artistique… ou bien n’est-ce qu’une imposture de plus afin d’attirer les subventions publiques pour s’Ă©pargner le combat de l’accession au graal du RSA?  🙂

Il n’empĂȘche que dans cette gesticulation artistique, chacun peut rĂ©unir trois galets afin de les superposer, et cela sans bourse dĂ©lier. C’est un point non nĂ©gligeable.
Mais ce ne sera pas l’Ɠuvre unique, bien qu’aisĂ©ment reproductible, de l’auteur. Quant Ă  sa valeur dĂ©corative… il paraĂźtrait que c’est d’un chic fou… On s’autorise Ă  penser que ce serait mĂȘme “zen”…
Pour moi, la valeur “zen” commence une fois l’Ă©quilibre atteint irrĂ©mĂ©diablement (haha!) lorsqu’on a empilĂ© 42 galets.

Les estampes japonaises

dimanche, janvier 31st, 2016
Ukiyo-e (monde flottant) du lac Hakone, série des 36 vues du Mont Fuji (Hokusai, 1833). Impression de Takamizawa (période Showa) dans les années 1960.

Ukiyo-e (monde flottant) du lac Hakone, série des 36 vues du Mont Fuji (Hokusai, 1833). Impression de Takamizawa (période Showa) dans les années 1960.

Vous vous rĂ©galerez en Ă©coutant la confĂ©rence, accessible Ă  tous, donnĂ©e par Nelly Delay (dont j’ai dĂ©jĂ  parlĂ© ici) Ă  la Fondation BergĂ© Ă  propos des estampes japonaises. Sa malice universitaire, que je ne peux que saluer en espĂ©rant la manier Ă©galement avec la mĂȘme finesse, ravira les beaux esprits.

[digression]La fascination pour l’aspect technique de l’art qu’ont certaines historiennes de l’art me fait toujours sourire; non que je sois moqueur, mais c’est probablement grĂące Ă  une bataille entre deux professeurs, l’une archĂ©ologue de la Gaule romaine et l’autre spĂ©cialiste de la peinture pompĂ©ienne, que je rencontrai ma future Ă©pouse sur les bancs de la facultĂ© des sciences humaines.
Alors que nous Ă©tions en train de traduire une inscription Ă©pigraphique de NĂźmes dans un cours regroupant Ă©tudiants en lettres classiques et en archĂ©ologie, il nous fallut retranscrire le mot armamentis associĂ© Ă  velis, Ă  propos des accessoires amovibles d’un thĂ©Ăątre gĂ©nĂ©reusement donnĂ©s Ă  la ville par le dĂ©dicant. Le vocable employĂ© pour dĂ©signer le systĂšme des tentures permettant d’avoir de l’ombre dans les gradins du thĂ©Ăątre romain est celui de la marine: il s’agit de voiles et donc d’accastillage (ou agrĂšs) formĂ©s par les cordages poulies et autres mĂąts. Mon professeur d’art de la Gaule romaine Ă©tait fort aise de voir un de ses Ă©tudiants surpasser ainsi son collĂšgue Ă©rudit et lettrĂ© qui, pas plus que l’Ă©tudiante en lettres, n’avait pu traduire ce terme de façon satisfaisante. [Fin de la digression :)]

Entre autres choses, Nelly Delay nous apprend que finalement, la photo a remplacĂ© les estampes, et c’est tout Ă  coup une autre histoire de l’art qui nous apparaĂźt: l’art contemporain, tel que mon professeur d’art contemporain aimait Ă  l’enseigner, apparaĂźt en Europe avec les premiĂšres toiles abstraites de Kandinsky, et on date ce dĂ©but de ce qu’on a toujours appelĂ© l’avant-garde par une toile que je n’ai pas retrouvĂ©e (dĂ©brouillez-vous 🙂 ).

L’art contemporain, europĂ©en d’abord, donc, et mondial ensuite, est souvent vu comme une rĂ©action Ă  la naissance de la photographie, dans la pĂ©riode qui le prĂ©cĂšde directement dans l’art pictural, le mouvement impressionniste. La photographie a donc engendrĂ© d’un cĂŽtĂ©, en Europe, la naissance d’une nouvelle forme d’expression artistique qui s’Ă©panouit dans l’abstraction, et de l’autre, au Japon, la mort d’un art rĂ©aliste et accessible Ă  tous.
Il est trĂšs intĂ©ressant de voir que d’un cĂŽtĂ© de la planĂšte et de l’autre, en raison de diffĂ©rences culturelles intrinsĂšques, et bien que celles-ci tendaient dĂ©jĂ  Ă  se mĂ©langer par de nombreux Ă©changes commerciaux, l’histoire de l’art prenait des chemins toujours divergents.

Addendum pratiques:
Mini exposition de la BNF (bibliothÚque nationale française) sur les estampes japonaises et en particulier les vues du mont Fuji de Hokusai

Un site qui vous apprend comment regarder une estampe et comprendre les sceaux

Un site pour retrouver les Ă©diteurs et auteurs d’estampes grĂące aux sceaux (je recommande ce site, car Mark Kahn est fort sympathique et on peut ĂȘtre assurĂ© d’une rĂ©ponse par mail lors d’une requĂȘte; on peut Ă©galement y acquĂ©rir des estampes)

On trouve Ă  Kyoto de magnifiques estampes dans la rue Shinmonzen qui abrite un repaire d’antiquaires dont un spĂ©cialiste trĂšs connu.
Cependant, je recommande Ă©galement de jeter un Ɠil attentif au magasin Jeugiya qui abrite des merveilles hĂ©las parfois inaccessibles, mais dont la contemplation ravit dĂ©jĂ  tous les sens.

 

 

 

Extrait de la collection iconographique imprimĂ©e “Le temps n’existe pas”

samedi, décembre 19th, 2015

Anecdote de travail.
Environ deux jours de travail, pour chaque Ɠuvre, me sont nĂ©cessaires pour que je parvienne Ă  un rĂ©sultat qui me satisfasse. Ce temps de travail n’est hĂ©las qu’un minimum, car il est impĂ©ratif de pouvoir bĂ©nĂ©ficier d’une lumiĂšre correcte pour apprĂ©hender le rĂ©sultat produit. La nĂ©bulositĂ© climatique est Ă  cet Ă©gard de premiĂšre importance: si elle dĂ©passe 40%, le travail est ralenti.
Les jours lumineux sont propices Ă  la crĂ©ation graphique; un soleil qui donne, mais point trop, une heure de bonne augure, une ambiance rĂ©vĂ©latrice… toutes choses que le commun a souvent bien du mal Ă  saisir… et pourtant il sait combien la lumiĂšre peut changer un paysage ou l’intĂ©rieur de sa maison!
Triste lot que celui de l’amoureux de la lumiĂšre et des arts qui doit se soumettre aux caprices d’Ă©lĂ©ments imprĂ©visibles!
Il faut hélas souffrir un peu, et de bien des maniÚres, pour parvenir à une création.
Fin de l’anecdote.

Quatre premiĂšres Ɠuvres sont proposĂ©es Ă  la vente et deux sont visibles dĂšs Ă  prĂ©sent dans la boutique Galerie au 51 de la rue de Godrans Ă  Dijon (les deux autres le sont sur demande), oĂč vous pourrez Ă©galement admirer et acquĂ©rir, entre autres objets d’art de provenances diverses, une superbe collection de netsukĂ©s japonais.
Ces quatre Ɠuvres signĂ©es Lornet-design font partie de la sĂ©rie verte intitulĂ©e “Le temps n’existe pas”. Les dimensions des Ɠuvres encadrĂ©es sont de 530 x 370 mm.
La collection dans son entier est prĂ©sentĂ©e sur cette page dĂ©diĂ©e aux Ɠuvres sur le Japon.
L’amateur dĂ©sirant acquĂ©rir une Ɠuvre peut le faire soit sur demande ( contact  at  lornet-design.com ) soit sur place.

Pour se mettre dans l’ambiance: http://www.petitpalais.paris.fr/en/expositions/fantastic-kuniyoshi-demon-prints

La teinture Yuzen

mercredi, novembre 11th, 2015
Kakejiku (Kakemono) réalisé à l'atelier Yuzen de M. Nishimura Yoshio (Kyoto 2015). Technique du pochoir.

Kakejiku (Kakemono) rĂ©alisĂ© Ă  l’atelier Yuzen de M. Nishimura Yoshio (Kyoto 2015). Technique du pochoir.

Kyoto Yuzen Dyeing Nishimuraya workshop.

Kyoto Yuzen Dyeing Nishimuraya workshop.

 

 

 

 

 

 

 

 

La teinture Yuzen est un procédé de décoration des tissus inventé à Kyoto au XVIIÚme siÚcle.
A partir du XIXĂšme siĂšcle la mĂ©thode du pochoir s’est rĂ©pandue.

Petite histoire de la teinture Yuzen (en anglais)

 

Un tea mité

lundi, août 24th, 2015
Pavillon de thé, temple Tenryu-ji, Arashiyama. Photo Lornet-Design, 2015.

Pavillon de thé, temple Tenryu-ji, Arashiyama. Photo Lornet-Design, 2015.

Comme je le disais, on n’entend le monde que l’on ressent que par ses propres yeux. Chaque phĂ©nomĂšne, chaque son, chaque image rĂ©tinienne n’a de sens que par son propre arbitre. Il est donc tout Ă  fait inconcevable que l’on puisse mĂȘme imaginer communiquer de l’un Ă  l’autre, puisque chaque rĂ©alitĂ©, chaque fantasme a autant de sens qu’il y a d’individus.
Il faut Ă©galement compter avec les connaissances que l’on a, et que l’autre a, d’un sujet ou d’un monde.
Le Japon a d’Ă©tranges, au sens Ă©tymologique, mƓurs; et elles semblent mieux me convenir que celles d’ici, imprĂ©gnĂ©es de la bĂȘtise culturelle judĂ©o-chrĂ©tienne, mĂątinĂ©e Ă©videmment de tout un tas d’autres Ă©lĂ©ments provenant de diverses cultures et de temps parallĂšles.
En tant que natif de l’hexagonie, d’un continent que l’on appelle Europe, je me rends bien compte de quelle fascination pour l’Orient je suis l’objet. C’est Ă  peu prĂšs la mĂȘme qui habite ceux qui, crĂ©ateurs du soleil levant, voient en cette Europe, souvent historique plutĂŽt que contemporaine, une sorte d’eden.
Du coup, n’est-ce pas bien plutĂŽt la rencontre de ces fascinations qui importe plus que leurs sujets?

Extrait de la correspondance privée du Voyage à Kyoto, agrémentant des photographies non publiées:

“Tout d’abord quelques maisons en allant vers le chemin des philosophes, un exemple d’autel dans un sanctuaire shintĂŽ. Les sanctuaires shintĂŽ sont probablement trĂšs similaires Ă  ce qui existait en Gaule Ă  l’Ă©poque celtique et romaine: vastes et remplis de dizaines d’autels plus ou moins imposants, tous en relation avec un lieu ou des animaux ou les Ă©lĂ©ments ou des personnes. Je vous laisse dĂ©couvrir ce qu’est le shintoĂŻsme sur la wikipĂ©dia.”

Il y a, Ă  l’Ă©vidence des cƓurs, une similitude remarquable, mais hĂ©las opposable en raison de l’Ă©cart temporel qui les sĂ©pare, entre le shintoĂŻsme et les religions, pour le peu qu’on en connaĂźt, celtiques. Du point de vue de l’archĂ©ologue, la topographie des lieux est fort semblable: sur une colline tenant plus de la montagne, abritĂ©e par une forĂȘt, serpentent plusieurs chemins dallĂ©s reliant plusieurs autels et habitations. Certains sont dĂ©labrĂ©s, les portillons de bois ne tiennent plus que par une inertie fragile. S’ils ont encore quelques lanternes de pierre, il est heureux qu’elles soient droites et debout. La forĂȘt cache et abrite, couvre et protĂšge un havre de paix et de moustiques voraces.
Le visiteur impromptu pourrait penser que c’est lĂ  un endroit dĂ©sertĂ©, abandonnĂ©, laissĂ© vacant; mais il se ravise bientĂŽt en croisant, rarement, mais certainement, plusieurs visiteurs du cru, venus faire quelques vƓux, ou simplement respirer l’air paisible d’une civilisation sur son dĂ©clin.
Car oui, le 25 juin dernier, a eu lieu la premiĂšre exĂ©cution capitale de l’annĂ©e, pratiquĂ©e par pendaison uniquement. Oui, l’appĂąt du gain a permis la remise en route des installations nuclĂ©aires sur un sol volcanique, oui, le pays s’est engagĂ© Ă  soutenir un effort de guerre aux cĂŽtĂ©s de ceux qui les ont soumis.

La politique et ses consĂ©quences est l’une des matiĂšre les plus facilement prĂ©visible. Elle est comme la volatilitĂ© de l’HumanitĂ©, instable, insatiable, soumise Ă  la fulgurante bĂȘtise de ceux qui la font.
Il y a pourtant un lieu, un espace plutĂŽt, oĂč l’on peut se retrouver soi-mĂȘme. Une sorte d’Ă©chappĂ©e, fugace, intemporelle, hors les murs. Cette obĂ©dience, c’est la curiositĂ©, le dĂ©sir de connaĂźtre, la soif d’en savoir plus, le plaisir de la rassasiade. Le bonheur de savoir qu’on est tel que l’on peut ĂȘtre, et que, malgrĂ© la vanitĂ© de l’existence, il y a une rĂ©compense.

Bonus: oĂč l’on ne parle ni de catastrophe nuclĂ©aire, ni d’humanitĂ©; oĂč l’on ne se moque pas des “premiers ministres” et encore moins des “ministres de la dĂ©fense” ou, comme on dirait ici “de l’intĂ©rieur”. En clic. Une Ɠuvre de qualitĂ© mĂȘlant dessins calculĂ©s en 3D et dessins traditionnels 2D , comme savent les crĂ©er les Japonais. 13 Ă©pisodes d’une vingtaine de minutes chacun. Bon visionnage sachant que vivid entre crochets vous y aidera 🙂

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La sortie de la série animée (en 2013) a semble-t-il été repoussée de quelques années en raison de la catastrophe nucléaire de Fukushima, en 2011.
Il est Ă©vident, Ă  parcourir le manga papier du mĂȘme nom que la sĂ©rie animĂ©e, que cette derniĂšre a Ă©tĂ© fortement Ă©dulcorĂ©e! Une BD en 22 volumes Ă  offrir pour les prochaines Ă©trennes 😉

Le temps n’existe pas.

lundi, août 17th, 2015
Jardin sec au Ginkakuji.

Jardin sec au Ginkakuji. Photo Lornet-Design, 2015.

On n’entend le Monde qu’Ă  travers ses propres yeux, toujours. Il n’y a de beautĂ© que ce qui n’existe pas encore.

Revenu fondamentalement changĂ©, si tant est que cela ait jamais une importance, d’un voyage dans l’ancienne capitale du Japon, je me mettais Ă  la lecture d’un livre que je conseille Ă  tous ceux qui, aimant l’absence, le non sens, et le vide temporel, s’adonnent Ă  leur essence et Ă  sentir les exo-endo-phĂ©nomĂšnes.
Afin de vous Ă©pargnez la lecture de ma pauvre prose, voici les rĂ©fĂ©rences: Delay Nelly, Le jeu de l’Ă©ternel et de l’Ă©phĂ©mĂšre, Ed. Philippe Picquier, Arles, 2004 ( ISBN: 2-87730-740-9 )
Il m’avait semblĂ© entretenir une -fort probablement quelconque- relation avec une orientaliste fort documentĂ©e (Ă  moins que ce ne soit une documentaliste fort orientĂ©e 🙂 ). Elle nous dira peut-ĂȘtre si l’ouvrage que je conseille vaut ce que j’ai ressenti Ă  sa lecture.
MĂȘme si cela n’a Ă©videmment que peu d’importance, ni pour le Monde ni pour aucun des ses “Ă©lĂ©ments” (peut-on seulement diviser arbitrairement le Monde en Ă©lĂ©ments?), il faut toutefois noter que ceux qui subissent la Vie n’en ont que peu d’intuition.

C’est tout mon contraire.

C’est pourquoi, que l’on fasse ou non, que l’on soit ou pas, l’important est le prĂ©sent, tant qu’il est partagĂ©, et bien qu’il n’existe pas!

La vion!

jeudi, août 6th, 2015

Addendum aux  Notes de voyage à Kyoto.

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Boing 747. Photo Lornet-Design 2015.

Oui, c’est bel et bien un coup Ă  “se faire petitprincer” que de prendre l’avion.
Surtout juste aprĂšs le crash volontaire d’un vol de la compagnie Ă  bas prix Germanwings, filliale de la compagnie allemande Lufthansa. Surtout lorsqu’on est dans la carlingue d’un objet volant quelques kilomĂštres au dessus de la terre et que, quoi qu’il advienne, on ne peut que subir les effets d’une chute inexorable (et en d’autres termes, mourir) si elle devait intervenir.

Il n’y a aucune autre alternative lorsque l’on est un humanoĂŻde et que l’on tombe de plusieurs kilomĂštres, inĂ©vitablement attirĂ© par la gravitĂ© terrestre. Dans ces moments, je suppose qu’on rigole ouvertement des statistiques qui disent que le transport aĂ©rien est le plus sĂ»r au monde 🙂
Alors oui, certains rupins*, inconscients moqueurs des peurs populaires et habituĂ©s aux vols planĂ©taires quotidiens, peuvent bien se gausser de ces facĂ©ties, mais certains d’entre eux ont eu Ă  faire face, cependant, Ă  ce genre d’imprĂ©vus. Pas les moins riches, pas les moins connus. Et ils n’en sont Ă©videmment pas revenus.
Ne le dites pas, mais les cercueils qui passent Ă  la tĂ©lĂ©vision sont quasiment vides, s’ils ne le sont pas totalement. Quelquefois, on y met une dent ou deux, lorsque la chance a Ă©tĂ© de la partie.

C’est Ă  ce prix que l’on peut, pour quelques jours, vivre au Japon. On est heureux d’y arriver, et d’en revenir, vivant.
Et point de moquerie stupide!
Non, Ă  moins d’ĂȘtre un vĂ©ritable idiot, on ne meurt pas sur la route (et je crache sur le bois) comme on meurt depuis le ciel.

Bon voyage!

*: on parle ici de millions, de milliards… et de fieffĂ©s salauds.

Taquinerie divine :)

mercredi, août 5th, 2015

Extrait inĂ©dit et romancĂ© des Notes de voyage Ă  Kyoto (publication privĂ©e), dĂ©dicacĂ© Ă  Nana et Ayumi qui nous ont accompagnĂ©s ce jour-lĂ  😉

Planchette votive, chope tirelire Toei, temple Koryuji. Kyoto 2015. Photo Lornet-Design, 2015.

Planchette votive, chope tirelire Toei, temple Koryuji. Kyoto 2015. Photo Lornet-Design, 2015.

Alors que nous visitions le temple Koryuji, celui dont on dit qu’il est le plus ancien de Kyoto (VIIĂšme siĂšcle AD), nous fĂ»mes amenĂ©s Ă  faire un vƓu. Ne sachant pas vraiment quel vƓu pouvait ĂȘtre exaucĂ©, c’est moi qui dĂ©cidai sur l’insistante demande de ma chĂšre partenaire 🙂 , de demander la prospĂ©ritĂ© tant espĂ©rĂ©e et si dĂ©sirable en ces temps d’injustice.
Pour effectuer ce vƓu, il suffit de s’acquitter de quelques 300 yens (Ă  peine 3 euros) dans le coffre en bois situĂ© devant le temple, d’inscrire son nom ainsi que son vƓu sur une petite planchette de bois, et de la dĂ©poser dans une boĂźte prĂ©vue Ă  cet effet, aprĂšs avoir pratiquĂ© quelques gestes rituels, lĂ©gĂšrement diffĂ©rents s’il s’agit d’un temple boudhiste ou shintĂŽ (on y reviendra).

Pleins d’espoir et Ă©chaudĂ©s par le climat Ă©tonnamment fort brĂ»lant pour cette Ă©poque de l’annĂ©e, nous continuĂąmes notre pĂ©riple vers le parc Eigamura pour visiter les attractions et les lieux de tournage des productions audiovisuelles Toei. Nous dĂ©cidĂąmes de nous restaurer avant de commencer notre pĂ©riple.
Alors que nous nous rassasiions de ramen délicieuses, je commandai, sans surprise, une biÚre qui me fut servie dans un curieux contenant plastique en forme de lanterne.
Le “verre” Ă©tait fait d’un cylindre en plastique insĂ©rĂ© dans cette chope munie d’une anse, en forme de lanterne.
Curieusement, une fois son office accompli et le “verre” retirĂ©, la chope pouvait se fermer Ă  l’aide d’un couvercle fendu et ainsi servir de tirelire!

Je pris donc cet augure comme un message divin, et, un peu dépité, me résolus à ne rien attendre qui ne vienne de moi!

🙂

Samaplukiléplu

vendredi, mai 8th, 2015
Jardin aprĂšs la pluie. Photo Lornet-Design, 2015.

Jardin aprĂšs la pluie. Photo Lornet-Design, 2015.

Oui, ça lave des conneries mondialisĂ©es de l’art contemporain qui prend une vitrine de coiffeur de quartier pour objet de tergiversation inutile (post prĂ©cĂ©dent), prĂ©textant une “vision” et glosant Ă  posteriori pour de futiles motifs mercantiles.
Oui 🙂
Il a donc plu. Et c’est tout.

PS: cette photographie est également à vendre, à partir de 300 euros, en fonction du type de papier utilisé et du format demandé.
L’encadrement est possible.
Bien le bonjour par chez vous!