Inadapté

February 6th, 2016

Voici une brève étude réalisée par Romain Moretto d’une sculpture disposée dans un lieu public à Dijon. Cette vidéo n’a été visualisée, au moment où je la regardai, que 342 fois.

[ Cette étude d’œuvre, quoi qu’on pense de celle-ci, est parfaite]

Tentative de dispersion publique d’un savoir inaccessible? tentative de normation d’une aberration?
Moretto est une énergie.

[Seuls les inadaptés peuvent voir chez d’autres de leurs semblables la beauté de leurs créations. Je parle ici de moi et du Jocrisse, en particulier, et de quelques autres anonymes, loin de m’être inconnus.]

Moretto deviendrait fou s’il ne pouvait passer cette énergie vitale sous forme d’art, vers les autres. [Elle t’embête, ma virgule? :) ]

Pourtant non. Il y a de l’acceptation en lui. Oui, des subventions, de la gentillesse diplomatique. Mais que faire afin d’assurer une maigre pitance?

Je ME pose la question: l’art est-il aujourd’hui celui que veulent et payent les dirigeants? Est-il une vaine tentative de résister? J’ai peur de la réponse.

Et pourtant… et pourtant! Il y a autre chose chez Romain. Il y a la hargne, conduite, maîtrisée, et je ne sais expliquer d’où cela vient. On dira qu’aux lumières de notre époque, c’est probablement due à des dispositions génétiques et culturelles, ce ne peut être autrement, n’est-ce pas?

Il y a une force en lui.

Evidemment, seuls quelques sensibles dont j’ose dire faire partie peuvent s’en rendre compte.

D’autres, l’autre, que je connais n’y voit rien, sans doute par absence, par nulle communication. L’autre est un mur.

PS: on se délectera des commentaires crasseux et stupides de ceux qui constituent le corps de nos braves congénères en lisant les commentaires de l’article consacré à cette tentative de conférence populaire ici, dans la feuille de chou mitée qui est aujourd’hui la propriété d’une banque. Rien que le titre de l’article s’adresse aux commentateurs autant qu’à l’éditeur, haha!

Bravo et merci à Romain pour cette magistrale et malicieuse étude!

Combattre les crétins

February 1st, 2016

Comment se fait-il que ce soient les crétins, dépourvus d’intelligence au plus haut point, qui s’autoproclament l’élite de la Nation? (arf, la réponse est dans le dernier mot)
Comment se fait-il que ces mêmes idiots soient au pouvoir pour diriger à la fois une grande masse de leurs semblables, mais aussi ceux qui devraient à tout le moins participer à cette direction en raison de leurs capacités intellectuelles?
On ne peut trouver la réponse dans les personnes, mais bien dans un système, et on se doit de le critiquer, tout autant que ses serviles serviteurs qui ne se privent pas d’abuser de ses largesses à leur endroit, et surtout au détriment de tous les autres.

Voilà pourquoi il est nécessaire, à l’heure où un vil réactionnaire est propulsé “immortel”, de lire les pensées de Geoffroy de Lagasnerie.
Afin de vous engager sur ce chemin, en voici quelques très courts extraits qui prennent toute leur saveur à la lumière des événements présents.

Procurez-vous donc, via ce lien ou ailleurs: L’art de la révolte Snowden, Assange, Manning, éditions Fayard, 2015. ISBN 978-2-213-68578-6.

En tant qu’artiste et citoyen, je m’engage et soutiens pleinement les idées de cet auteur, afin de participer à l’évolution de l’Humanité, et cela, bien que tout ne soit que vanité en raison de l’essence même de l’Homme (en tout cas, pour ce qui le concerne directement).

J’espère que l’auteur ne m’en voudra pas d’avoir partagé ici ces extraits du livre que j’ai acquis qui, je l’espère, donnent envie de lire la suite et de lui donner bonne place dans toute bibliothèque.

Les estampes japonaises

January 31st, 2016
Ukiyo-e (monde flottant) du lac Hakone, série des 36 vues du Mont Fuji (Hokusai, 1833). Impression de Takamizawa (période Showa) dans les années 1960.

Ukiyo-e (monde flottant) du lac Hakone, série des 36 vues du Mont Fuji (Hokusai, 1833). Impression de Takamizawa (période Showa) dans les années 1960.

Vous vous régalerez en écoutant la conférence, accessible à tous, donnée par Nelly Delay (dont j’ai déjà parlé ici) à la Fondation Bergé à propos des estampes japonaises. Sa malice universitaire, que je ne peux que saluer en espérant la manier également avec la même finesse, ravira les beaux esprits.

[digression]La fascination pour l’aspect technique de l’art qu’ont certaines historiennes de l’art me fait toujours sourire; non que je sois moqueur, mais c’est probablement grâce à une bataille entre deux professeurs, l’une archéologue de la Gaule romaine et l’autre spécialiste de la peinture pompéienne, que je rencontrai ma future épouse sur les bancs de la faculté des sciences humaines.
Alors que nous étions en train de traduire une inscription épigraphique de Nîmes dans un cours regroupant étudiants en lettres classiques et en archéologie, il nous fallut retranscrire le mot armamentis associé à velis, à propos des accessoires amovibles d’un théâtre généreusement donnés à la ville par le dédicant. Le vocable employé pour désigner le système des tentures permettant d’avoir de l’ombre dans les gradins du théâtre romain est celui de la marine: il s’agit de voiles et donc d’accastillage (ou agrès) formés par les cordages poulies et autres mâts. Mon professeur d’art de la Gaule romaine était fort aise de voir un de ses étudiants surpasser ainsi son collègue érudit et lettré qui, pas plus que l’étudiante en lettres, n’avait pu traduire ce terme de façon satisfaisante. [Fin de la digression :)]

Entre autres choses, Nelly Delay nous apprend que finalement, la photo a remplacé les estampes, et c’est tout à coup une autre histoire de l’art qui nous apparaît: l’art contemporain, tel que mon professeur d’art contemporain aimait à l’enseigner, apparaît en Europe avec les premières toiles abstraites de Kandinsky, et on date ce début de ce qu’on a toujours appelé l’avant-garde par une toile que je n’ai pas retrouvée (débrouillez-vous :) ).

L’art contemporain, européen d’abord, donc, et mondial ensuite, est souvent vu comme une réaction à la naissance de la photographie, dans la période qui le précède directement dans l’art pictural, le mouvement impressionniste. La photographie a donc engendré d’un côté, en Europe, la naissance d’une nouvelle forme d’expression artistique qui s’épanouit dans l’abstraction, et de l’autre, au Japon, la mort d’un art réaliste et accessible à tous.
Il est très intéressant de voir que d’un côté de la planète et de l’autre, en raison de différences culturelles intrinsèques, et bien que celles-ci tendaient déjà à se mélanger par de nombreux échanges commerciaux, l’histoire de l’art prenait des chemins toujours divergents.

Addendum pratiques:
Mini exposition de la BNF (bibliothèque nationale française) sur les estampes japonaises et en particulier les vues du mont Fuji de Hokusai

Un site qui vous apprend comment regarder une estampe et comprendre les sceaux

Un site pour retrouver les éditeurs et auteurs d’estampes grâce aux sceaux (je recommande ce site, car Mark Kahn est fort sympathique et on peut être assuré d’une réponse par mail lors d’une requête; on peut également y acquérir des estampes)

On trouve à Kyoto de magnifiques estampes dans la rue Shinmonzen qui abrite un repaire d’antiquaires dont un spécialiste très connu.
Cependant, je recommande également de jeter un œil attentif au magasin Jeugiya qui abrite des merveilles hélas parfois inaccessibles, mais dont la contemplation ravit déjà tous les sens.

 

 

 

KALASHNIKOV! 2016

January 8th, 2016

Et bonne année! En musique, partisan! :)

Aimez-vous les uns les autres… mais en même temps!

La révolte à mon goût

December 30th, 2015

Fort de trouver en cet homme un soutien inespéré à mes propres idées et une parfaite communion intellectuelle, j’ose donc envoyer se faire foutre tous ceux qui, du médecin de campagne au chirurgien paternaliste, fiers tous deux de croire éhontément en leur toute-puissance et leur supériorité, du petit prof devenu maître de conférence par louvoiement intéressé au crétin académisé revendiquant sans jamais l’avouer mais l’usurpant sans vergogne le terme de philosophe, du camarade aveuglé par son engagement et paradoxalement prêt à le renier pour le faire advenir au politicard qui une fois parvenu se fait chantre des opprimés du haut de sa fortune, participent de la misère humaine qu’ils prétendent combattre et la cultivent sans même s’en apercevoir.

 

http://www.franceculture.fr/emission-la-grande-table-2eme-partie-2015-un-reveil-des-peuples-en-europe-2015-12-30

http://www.franceculture.fr/emission-culturesmonde-vies-heroiques-44-lanceurs-d-alerte-hackers-heros-du-troisieme-type-2015-12-2 (gallet_arnaqueattention: ce podcast, subissant certainement une sorte d’effet Gallet, une incompétence webistique ou une censure éhontée, n’est pas disponible sur le site de France Culture. J’espère, par ma remarque tout autant que par le mail envoyé aux services de cette radio publique concernant ce souci, que l’augmentation du budget de la communication instaurée par M. Gallet, alors que les budgets de toutes les radios France sont diminués n’en sera que plus inutile. Il est vrai, à lire le Canard Enchaîné, que ce monsieur semble apprécier de jouer avec l’argent public pour de futiles motifs). ce jeudi 14 janvier, le lien n’est toujours pas corrigé… pacte de réactivité!

Vous irez donc écouter ce podcast ici: http://podtail.com/podcast/cultures-monde/lanceurs-d-alerte-hackers-heros-du-troisieme/
A propos de la justice:
http://www.franceculture.fr/emission-la-grande-table-2eme-partie-plaidoyer-pour-une-justice-plus-democratique-2016-01-12
Dans cette dernière intervention sur France Culture, on sent plus que jamais Caroline Broué changée, peut-être par la politique de M. Gallet tout autant que par une velléité carriériste, je n’en sais rien. Moi qui aimais son ouverture d’esprit, depuis plusieurs années, et bien qu’on ait pu sentir quelques moqueries polies envers des invités qui n’auraient pas dû l’être, elle semble maintenant (depuis les changements néo-libéraux imposé par le patron de Radio France), et pas seulement à l’occasion de cette émission particulière, avoir perdu toute mesure de sa place et la neutralité qui lui seyait si bien. Pourvu que cela ne s’aggrave pas!

 

Geoffroy de Lagasnerie (son site):

« Ecrire suppose une compétence sociale. Il faut se sentir autorisé à avoir des choses à dire, à avoir des choses à écrire. L’université fait croire que votre parole n’a pas de valeur si vous n’avez pas de thèse. Il faut casser la croyance dans les titres scolaires pour donner à chacun la légitimité d’écrire en son nom propre. »

« les lieux très importants de la philosophie d’avant-garde sont les revues qui ont fait voler en éclat les frontières entre les disciplines et la question des titres. Par exemple, une revue comme Critique, dont Georges Bataille était le fondateur, n’indique jamais la profession ni le titre de celui qui écrit l’article. C’est ça une revue d’avant-garde qui s’oppose à une revue universitaire. »

« J’ai beaucoup de réticences sur la catégorie d’engagement car cela suppose deux temps : le temps du savoir et le temps de l’engagement et je ne crois pas du tout à cette frontière. Je préfère le terme de ‘critique’… »

 

Extrait de la collection iconographique imprimée “Le temps n’existe pas”

December 19th, 2015

Anecdote de travail.
Environ deux jours de travail, pour chaque œuvre, me sont nécessaires pour que je parvienne à un résultat qui me satisfasse. Ce temps de travail n’est hélas qu’un minimum, car il est impératif de pouvoir bénéficier d’une lumière correcte pour appréhender le résultat produit. La nébulosité climatique est à cet égard de première importance: si elle dépasse 40%, le travail est ralenti.
Les jours lumineux sont propices à la création graphique; un soleil qui donne, mais point trop, une heure de bonne augure, une ambiance révélatrice… toutes choses que le commun a souvent bien du mal à saisir… et pourtant il sait combien la lumière peut changer un paysage ou l’intérieur de sa maison!
Triste lot que celui de l’amoureux de la lumière et des arts qui doit se soumettre aux caprices d’éléments imprévisibles!
Il faut hélas souffrir un peu, et de bien des manières, pour parvenir à une création.
Fin de l’anecdote.

Quatre premières œuvres sont proposées à la vente et deux sont visibles dès à présent dans la boutique Galerie au 51 de la rue de Godrans à Dijon (les deux autres le sont sur demande), où vous pourrez également admirer et acquérir, entre autres objets d’art de provenances diverses, une superbe collection de netsukés japonais.
Ces quatre œuvres signées Lornet-design font partie de la série verte intitulée “Le temps n’existe pas”. Les dimensions des œuvres encadrées sont de 530 x 370 mm.
La collection dans son entier est présentée sur cette page dédiée aux œuvres sur le Japon.
L’amateur désirant acquérir une œuvre peut le faire soit sur demande ( contact  at  lornet-design.com ) soit sur place.

Pour se mettre dans l’ambiance: http://www.petitpalais.paris.fr/en/expositions/fantastic-kuniyoshi-demon-prints