Archive for novembre, 2019

Triptyque augmenté (2019)

mardi, novembre 12th, 2019

Le fameux triptyque de Bacon est privé de crucifixion. Qu’est-ce donc que je crucifie ici?

Krishnamurti me guide aimablement, bien que mort, en ce moment. Il est d’une grande aide à s’approcher de lui.
Il dit: la véritable paix est créatrice, donc destructrice.


Ci-dessous le texte initial devant accompagner cet article.

Voici donc l’expression de ma vulnérabilité, à la fois réponse à “L’origine de la guerre” d’Orlan, à “L’origine du monde” de Courbet et à tous leurs avatars -dont les miens font partie, évidemment.
[si je réponds à ma propre réponse, ça finit quand?]

Un des éléments du triptyque est donc intitulé “L’origine de la paix”, dans une sorte de sépia qui n’en est évidemment pas un.
L’élément fait de “off color material” est celui en violacé qui veut rappeler les procédés bizarroïdes de tirage argentique. Il est intitulé “No breed vanity”.
Ces deux clichés sont à la fois un hommage à Mapplethorpe, qui reprend ses amours picturaux, mais également une tentative spontanée d’exprimer mon propre ressenti (je n’avais pas connaissance de l’existence de Mapplethorpe il y a encore peu et ce n’est pas lui qui m’a montré la beauté des fleurs et des corps, des sexes).
Mapplethorpe n’est donc pas mon inspirateur (aspirateur?) mais un être photographe que je considère comme une sorte d’alter ego dans l’art.
C’est peut-être fort présomptueux (je sens bien les esprits chagrins qui pensent toutes ces bêtises), mais pour le coup, ses photos me sont proches dans ce qu’elles insinuent.
Il n’y a rien d’autre qu’une communauté de vision artistique, un quelque chose en soi commun, une sensibilité. Bien sûr, la provocation, aussi, mais qui vient seulement ensuite.

Je me fous de la cote de l’art et du marché, et j’adhère à ce que Romuald et PJ tournent en une simple question: “marché de l’art ou art du marché?”

Je pensais auto-censurer la vision directe de l’image en la cachant derrière un lien évocateur et de mise en garde. Finalement, non.
Il n’y a là qu’art et rien n’est répréhensible, pas plus du point de vue du droit que du point de vue médical (!).
Quand bien même la morale de certains serait choquée, qu’importe.

L’acte artistique permet la folie et la sublime et il est évident qu’à la manière d’Orlan, travailler son propre corps épargne de la souffrance de celui des autres.
De l’énergie gagnée.

La performance a duré le temps de la prise de vue, peu avant la clôture de l’exposition Arts Poncin 2019 donnée pour 19 heures.
Alors que déjà nombre d’artistes remballaient leurs œuvres, certains ayant eu la chance d’en vendre participant ainsi à la vie de l’association qui a permis l’exposition, j’ai substitué deux œuvres à deux autres afin de compléter le triptyque tout en l’augmentant d’une quatrième œuvre.

J’aime bien le terme d’ “augmenter”, il fait écho à ce qu’on appelle aujourd’hui l’humain augmenté, dans toute la bêtise du terme.

Nous ne sommes plus ni des hommes ni des femmes, mais des objets, des variables d’ajustement, des ressources.
Je dis non.

L’aspect symbolique est éradiqué des discours tout autant que l’aspect anatomique, physiologique, sans parler même de l’aspect psychologique.
Je dis non.

Valentine

dimanche, novembre 10th, 2019

La photographie ne commence-t-elle pas, là où la parole est arrêtée ?” Valentine Monnier.

https://www.valentinemonnier.com/j-accuse

Naked pictures of a disintegrated world. /EoF (presque)

samedi, novembre 9th, 2019

Ce travail montre la difficulté d’alignement entre soi et le monde.
Que ce soit une critique du puritanisme ambient tout autant qu’une dénonciation de la maltraitance infantile menant au désordre social organisé que nous connaissons, cette série montre et ne montre pas les tabous infligés aux être humains.
C’est une soulographie d’âme et de temps.

L’art doit porter à la réflexion et à la discussion, à la disputation.

“On n’est jamais mieux servi que par soi-même.”

[En recherchant cette expression, je suis tombé sur un bon blog (ça arrive tous les 200 ans), voyez ici, ce n’est pas l’article en question d’ailleurs antithétique de mon propos mais un autre plus croustillant dans lequel j’ai reconnu bien des gens de mon “avant”, des relous occasionnels ou constants: https://bonpote.com/index.php/2019/08/25/la-loi-de-poe/ ]

Alors le finissage de Arts Poncin 2019. J’avais prévu une surprise façon Banksy, mais bon, je ne me mouillais pas trop, j’attendais qu’on m’en parle, et vu que personne ne m’en a rien dit, ça m’a évité de vendre mais surtout de vendre à demi tarif. Tant pis pour vous 🙂

La surprise aura donc été une performance rapide et quasiment inaperçue, mais dont la photographie sera à jamais une preuve qu’elle a bien existé (pour le fichier RAW, préparez vos arguments).

Ça va venir dans un prochain article pendant que les cons célèbreront la guerre (sa fin, son début, son milieu, sa constance…), tiens.
Ensuite je ferai mon catalogue de cette série, puis je m’attaquerai doucement à une autre, si l’intérêt que je porte à mon homonyme Francis Bacon m’en laisse le loisir.

Irina

lundi, novembre 4th, 2019

Irina Ionesco déclare à propos de son travail de photographe :

“La photographie est pour moi un élément essentiellement poétique, je l’envisage comme une écriture théâtrale, où je fixe dans un déroulement obsessionnel et incessant tous mes fantasmes. Chaque séance, mise en scène, est conçue comme une séquence théâtrale, intègre la femme dans un univers de rêve, où elle-même est mythique, multiple, inventée, et revêt tour à tour les facettes des mille miroirs dans lesquels l’artiste se plonge. Je ne conçois l’érotisme qu’à travers une dimension métaphysique. J’aime l’excès, l’onirisme, l’insolite. Aussi, je fais mienne cette phrase de Baudelaire : “Dans l’art, il n’y a que le bizarre qui soit beau”.

https://irina-ionesco.com/biographie/

Je viens de voir “my little princess” de Eva Ionesco, la fille d’Irina, qui raconte une partie de sa vie, la vie de la fille de la célèbre photographe.
Gratuitement, il va sans dire puisqu’Internet permet un accès quasi total à ce que les simplets du système appellent la “culture” (en fait l’art). Bon, la plupart des gens n’utilisent le réseau que pour s’envoyer des messages dans un style papier hygiénique, m’enfin, ça, je n’y peux rien.
Je reste dubitatif face à l’écrit d’Irina (également dispo sur le web) et au film de sa fille.
Il est évident qu’Irina a développé un talent artistique certain, mais il semblerait que ce soit aux dépends de sa fille, pour compenser ce qu’elle-même avait subi étant plus jeune.

C’est terrible.
L’époque l’a permis.
Eva dit de sa mère qu’elle est le fruit d’un inceste.

Il semblerait que l’écriture soit plus à même d’être tolérée que l’image. L’image fait peur. Elle semble la réalité alors qu’elle n’est, tout autant que la peinture, qu’un pâle reflet d’une symbolique et d’un indicible.
Mais l’image est d’un accès instantané, inévitable.

Je n’excuse pas, ce faisant, l’attitude d’Irina, mais je la comprends. Elle a pu, à sa façon, blessante pour sa fille, soit, mais à sa façon, créer à partir de traumas.
Évidemment, combattre ou sublimer un trauma en en créant un autre, qui plus est sur une personne fragile et vulnérable, en profitant de son état, n’est pas souhaitable.

Mais comme le disait Paul Claudel, la résilience (resiliency qu’il ne parvenait pas à traduire) a surtout été un trait des Américains.

“En 1936, le Français Paul Claudel, alors ambassadeur à Washington, pouvait écrire à propos de la crise financière de 1929 : « Il y a dans le tempérament américain une qualité que l’on traduit là-bas par le mot resiliency, pour lequel je ne trouve pas en français de correspondant exact, car il unit les idées d’élasticité, de ressort, de ressource et de bonne humeur. […] Et si quelques financiers se jetaient par la fenêtre, je ne puis m’empêcher de croire que c’était dans l’espérance fallacieuse de rebondir » (Claudel, 1965, p. 1205).”
https://journals.openedition.org/sociologies/6633 ( La résilience comme attitude face au malheur : succès et usages des ouvrages de Boris Cyrulnik, Nicolas Marquis)

Voir également – comme il n’y a pas de hasard! –

Sublimation et résilience : Paul et Camille Claudel
Silke Schauder
Dans Bulletin de psychologie 2010/6 (Numéro 510), pages 445 à 448

https://www.cairn.info/article.php?ID_ARTICLE=BUPSY_510_0445

La seule chose qui vaille la peine dans toute l’humanité, ce sont les enfants et la liberté.

C’est facile à dire, mais voilà ce qui est dans la balance.
Et finalement Greta Thunberg est un très bon exemple, bien qu’utilisé par des adultes sans scrupules, de ce qu’est la conscience et la liberté.

https://www.telerama.fr/scenes/irina-ionesco-photographe-libre-mere-perverse,130438.php

https://next.liberation.fr/livres/2017/08/28/eva-ionesco-l-innocence-retrouvee_1592523

https://next.liberation.fr/culture/2010/07/22/eva-ionesco-tombee-des-nus_667609

L’impression de.

dimanche, novembre 3rd, 2019

Vous avez l’impression que c’est un peu taré, tout ça.
Mais vous ne savez pas quelle est la réalité et la souffrance de celui qui est vraiment entre deux mondes.
Bientôt je ferai un truc sur Ionesco, Hamilton, Carroll, etc. Des sujets extrêmement intéressants quand on outrepasse la pseudo bienséance.