De l’art manipulatoire en politique

On peut dire aujourd’hui que l’essence même de la politique est la manipulation des dominants sur la masse des populations, « aujourd’hui » signifiant probablement au moins quelques millénaires.
D’aucuns diront que plus personne n’est dupe… sauf une écrasante majorité qui, hélas, continue de croire aux bobards et élit conséquemment ses bourreaux.

Deux exemples du jour:
– un combat de manipulation entre un syndicats de gynécologues, qui menace de ne plus pratiquer d’interruption volontaire de grossesse s’il n’est pas reçu par la ministre de la santé Buzin, et celle-là qui leur répond que c’est « une prise en otage » des femmes. On ne sait pas vraiment pourquoi ce combat de coquelets, on se doute qu’il s’agit d’argent, forcément, mais on note que dans l’histoire, les sujets -à savoir les patientes, mais aussi le système de sécurité sociale- sont évincés dès le départ. Les dindes de la farce ne servent qu’à servir les intérêts de ceux qui les utilisent tels de simples instruments.
On s’aperçoit par ailleurs que seuls les dominants aux émoluments conséquents aiment à travailler cet art de la manipulation aux fins de profits exclusifs, et que d’altérités ils croient ne pas avoir.
– la réponse « ne soyez pas impatients » du président macron (je ne l’aime vraiment pas, il n’aura pas de majuscule, s’il est chef, c’est pour prendre pour tous les autres , bien fait) aux demandes de justice climatique d’une jeunesse qui aimerait bien vivre sa vie sans avoir à souffrir ni mourir trop précocement en raison des multiples pollutions toxiques. On note ici que la réponse n’en est pas une puisqu’il s’agit d’un jugement sur la partie adverse afin d’éviter de répondre aux attentes bien concrètes et au sujet bien précis de la requête des nouvelles générations. Cette technique de l’évitement ainsi que l’attention portée sur un trait de la partie adverse est typique de la manipulation. Elle montre en outre la ferme volonté de ne prêter aucune attention aux demandes faites et encore moins d’y faire suite.

Il faut se rendre compte que la manipulation ne fonctionne que s’il y a un public, car c’est le public, la population en l’occurrence, qui est directement visée par ces mouvements stratégiques. C’est bien la population (ou certaines de ses parties) qui est concernée au premier chef par ces sujets, et c’est encore elle qui pâtit directement du petit jeu dominatoire délétère de ces gens qui se disent élite.

En politique, cette manipulation est relayée aux foules par les médias qui, eux aussi, s’échinent à obtenir une partie du gâteau en faisant montre de leur soumission aux manipulateurs tout en essayant de faire croire à la fois et en même temps aux deux parties -les dominants manipulateurs et leur population manipulée- qu’ils voient très bien ce qui se trame. Cette posture est censée leur permettre de se positionner en arbitres, mais en arbitres partiaux, car ils ont bien sûr choisi le camp des dominants.

La machine est bien rodée.

Que les dominants aiment à dominer, c’est d’une logique imparable. Mais alors pourquoi diable les dominés se laissent-ils faire? Aimeraient-ils être dominés, au final?
L’ordre est-il à ce prix? Et surtout de quel ordre, justement, s’agit-il?
« Chacun à sa place »? Quelle folie!
Quelle peur micte donc de cet adage?

Moi, je sèche 🙂

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